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Déclarations IRPP et IFI 2026 : ce que les dirigeants et investisseurs doivent savoir


Par Annick Amigo-Bouyssou, Avocate associée — COTEG Avocats, Toulouse

Note de contexte (17 juillet 2026) : La campagne déclarative 2026 s’est achevée le 4 juin dernier. Cet article, rédigé en amont de la campagne, reste intéressant à double titre : il décrit le fonctionnement de la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) appliquée pour la première fois en 2026, dont le solde ou le remboursement sera régularisé à l’été sur l’avis d’imposition ; il constitue également un repère utile pour anticiper la campagne 2027 et affiner dès aujourd’hui les stratégies patrimoniales des dirigeants.

La campagne de déclaration des revenus 2025 a officiellement débuté le 9 avril 2026 sur le site impots.gouv.fr. Revalorisation du barème de l'impôt sur le revenu, entrée en vigueur effective de la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR), réintégration des amortissements en LMNP, stabilité de l'IFI : cette année encore, les contribuables — et particulièrement les dirigeants d'entreprise et les investisseurs immobiliers — doivent se montrer vigilants. Tour d'horizon des points essentiels de cette campagne déclarative 2026.

Un calendrier resserré à respecter impérativement

Le service de déclaration en ligne est ouvert depuis le 9 avril 2026. Les dates limites de dépôt varient selon le département de résidence du contribuable :

  • Zone 1 (départements 01 à 19 et non-résidents) : jeudi 21 mai 2026 à 23h59
  • Zone 2 (départements 20 à 54, Corse comprise) : jeudi 28 mai 2026 à 23h59
  • Zone 3 (départements 55 à 976) : jeudi 4 juin 2026 à 23h59

Pour les contribuables utilisant encore le format papier — une possibilité désormais réservée à ceux qui ne disposent pas d'un accès à internet — la date limite est fixée au mardi 19 mai 2026.

Point de vigilance pour les contribuables toulousains : la Haute-Garonne (département 31) relève de la zone 2, avec une date limite fixée au 28 mai 2026.

Tout retard expose le contribuable à une majoration de 10 % du montant de l'impôt dû, pouvant être portée à 40 % en cas de mise en demeure restée sans effet.

Barème de l'impôt sur le revenu : une revalorisation limitée à 0,9 %

La loi de finances pour 2026 a revalorisé les tranches du barème progressif de l'impôt sur le revenu de 0,9 %, un ajustement destiné à tenir compte de l'inflation. Les taux d'imposition, eux, demeurent inchangés.

Barème applicable aux revenus 2025 (déclaration 2026)

Tranche de revenu imposable (par part) Taux
Jusqu'à 11 600 € 0 %
De 11 601 € à 29 579 € 11 %
De 29 580 € à 84 577 € 30 %
De 84 578 € à 181 917 € 41 %
Au-delà de 181 917 € 45 %

Cette revalorisation de 0,9 % reste en deçà de l'inflation réellement constatée, ce qui signifie qu'un contribuable dont les revenus ont simplement suivi l'évolution du coût de la vie pourra, dans certains cas, constater une légère augmentation de son imposition en termes réels. Les dirigeants qui se versent des rémunérations indexées devront y être particulièrement attentifs.

La CDHR : une imposition minimale de 20 % pour les hauts revenus

La grande nouveauté de cette campagne 2026 est l'application effective de la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR), instaurée par l'article 10 de la loi de finances n° 2025-127 du 14 février 2025 (article 224 du CGI).

Qui est concerné ?

La CDHR vise les foyers fiscaux domiciliés en France dont le revenu fiscal de référence (RFR) dépasse :

  • 250 000 € pour les contribuables célibataires, veufs, séparés ou divorcés ;
  • 500 000 € pour les contribuables soumis à imposition commune (couples mariés ou pacsés).

Quel mécanisme ?

Le dispositif garantit un taux effectif minimal d'imposition de 20 %. L'administration fiscale compare :

  1. 20 % du revenu fiscal de référence ajusté du contribuable ;
  2. Le total effectivement acquitté au titre de l'impôt sur le revenu, de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) et des prélèvements libératoires, majoré de 1 500 € par personne à charge et de 12 500 € pour les contribuables soumis à imposition commune.

Si le montant acquitté est inférieur au seuil de 20 %, la différence constitue la CDHR.

Un acompte déjà versé en décembre 2025

Les contribuables concernés ont dû verser un acompte égal à 95 % de la contribution estimée entre le 1er et le 15 décembre 2025. Le solde — ou le remboursement en cas d'excédent — sera régularisé à la réception de l'avis d'imposition au cours de l'été 2026.

Quels contribuables surveiller ?

La CDHR cible en priorité les contribuables qui, grâce à la structure de leurs revenus (revenus du patrimoine soumis au PFU à 12,8 %, plus-values bénéficiant d'abattements, mécanismes d'optimisation), affichent un taux effectif d'imposition inférieur à 20 %. Les dirigeants percevant une part significative de dividendes ou de plus-values de cession doivent impérativement vérifier leur situation.

Recommandation : le calcul de la CDHR étant techniquement complexe, un simulateur est disponible sur impots.gouv.fr. Le recours à un conseil fiscal est vivement recommandé pour les patrimoines complexes.

LMNP : la réintégration des amortissements change la donne

La loi de finances pour 2025 (article 84 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025) a introduit un changement majeur pour les loueurs en meublé non professionnels (LMNP) : la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value lors de la cession du bien.

Ce qui change concrètement

Pour toute cession réalisée à compter du 15 février 2025, le prix d'acquisition est désormais minoré du montant total des amortissements déduits pendant la période de location (nouvel article 150 VB III du CGI). La formule de calcul devient :

> Plus-value imposable = Prix de cession – (Prix d'acquisition majoré – Amortissements cumulés déduits)

Un exemple chiffré

Un investisseur ayant acquis un bien pour 200 000 € et déduit 50 000 € d'amortissements sur dix ans :

  • Avant la réforme : plus-value = prix de vente – 200 000 €
  • Après la réforme : plus-value = prix de vente – (200 000 € – 50 000 €) = prix de vente – 150 000 €

La base taxable augmente mécaniquement de 50 000 €, soumise à l'impôt sur le revenu (19 %) et aux prélèvements sociaux (17,2 %).

Précisions récentes de l'administration

Dans une réponse ministérielle du 24 mars 2026 (Rép. min. n° 10097, Mette), l'administration a apporté une précision importante : la réintégration s'applique aux cessions réalisées à compter du 15 février 2025, et non aux seuls biens acquis après cette date. Les investisseurs en LMNP détenant des biens depuis plusieurs années sont donc directement concernés.

Exceptions : les amortissements correspondant à des travaux de construction, de reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration ne sont pas réintégrés. De même, les amortissements différés (jamais effectivement déduits) échappent au dispositif.

IFI 2026 : une stabilité confirmée

Pour les contribuables assujettis à l'Impôt sur la Fortune Immobilière, la campagne 2026 ne réserve pas de surprise majeure.

Seuil et barème inchangés

Le seuil d'imposition reste fixé à 1 300 000 € de patrimoine immobilier net taxable au 1er janvier 2026. Le barème progressif demeure identique :

Tranche de patrimoine net taxable Taux
Jusqu'à 800 000 € 0 %
De 800 000 € à 1 300 000 € 0,50 %
De 1 300 000 € à 2 570 000 € 0,70 %
De 2 570 000 € à 5 000 000 € 1 %
De 5 000 000 € à 10 000 000 € 1,25 %
Au-delà de 10 000 000 € 1,50 %

La décote continue de s'appliquer pour les patrimoines compris entre 1 300 000 € et 1 400 000 € (décote = 17 500 – 1,25 × patrimoine net taxable).

Rappel : la déclaration IFI est intégrée à la déclaration de revenus

Depuis 2018, il n'existe plus de déclaration IFI autonome. Les redevables déclarent leur patrimoine immobilier dans le cadre de la déclaration de revenus (formulaire 2042-IFI), selon les mêmes échéances.

Points d'attention pour les chefs d'entreprise

  • Biens professionnels : les biens affectés à l'activité professionnelle restent exclus de l'assiette de l'IFI. Cependant, l'administration fiscale est de plus en plus vigilante sur la réalité de cette affectation, notamment pour les SCI détenant des biens mixtes.
  • Évaluation des biens : la valeur vénale retenue doit correspondre au prix de marché au 1er janvier 2026. Dans un contexte immobilier encore incertain, une réévaluation à la baisse peut être justifiée si elle est étayée par des éléments probants (estimations, comparables de marché).
  • Parts de SCPI et d'OPCI : les parts détenues dans ces véhicules sont imposables à l'IFI à hauteur de la fraction représentative de biens immobiliers. Les sociétés de gestion communiquent chaque année cette fraction, à reprendre avec attention.

Conseils pratiques pour cette campagne 2026

  1. Vérifiez attentivement les informations préremplies : la déclaration automatique ne dispense pas d'un contrôle rigoureux, notamment sur les revenus fonciers, les revenus de capitaux mobiliers et les plus-values.
  1. Anticipez la CDHR : si votre RFR dépasse les seuils, rapprochez le montant de l'acompte versé en décembre 2025 de votre situation fiscale réelle.
  1. Réévaluez votre stratégie LMNP : la réintégration des amortissements impose de repenser le timing de cession des biens meublés. Un bilan patrimonial peut s'avérer utile avant toute décision de vente.
  1. Actualisez votre patrimoine IFI : tenez compte des évolutions de marché pour l'évaluation de vos biens au 1er janvier 2026.
  1. Ne tardez pas : les délais sont courts. Pour les dossiers complexes, prenez rendez-vous avec votre conseil dès maintenant.

Le cabinet COTEG Avocats accompagne les dirigeants d'entreprise, les investisseurs et les particuliers dans l'ensemble de leurs démarches fiscales. Pour toute question relative à votre déclaration 2026, n'hésitez pas à nous contacter.

Annick Amigo-Bouyssou — Avocate associée, spécialiste en droit des sociétés et en droit fiscal. Membre du conseil municipal de la ville de Toulouse, en charge de la sécurité et de la commande publique.

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